Croire sans être crédule...

 

 

 

 

 

            Peut-on croire sans être crédule ? Il s’agit là d’une question récurrente en Occident, où l'on est habitué à opposer foi et raison. Pourtant, un œil attentif ne manquera pas d’observer que ce divorce entre croyance et intelligence est propre à la culture occidentale. Dans aucune autre civilisation, il n’a atteint de telles proportions. Dans aucune autre culture, la religion n’a autant été synonyme d’obscurantisme, c’est-à-dire de la négation de la faculté de l’homme à peser et à juger par lui-même.

 

            Les fondements de cette pensée ont été jetés au dix-huitième siècle, siècle dit "des Lumières". a cette époque, les intellectuels et les philosophes ont insufflé un formidable mouvement d’émancipation vis-à-vis des autorités religieuses, opérant une délégitimation de l’influence du religieux sur la sphère intellectuelle ; une véritable révolution en somme, inédite dans l’histoire de l’humanité, et dont les conséquences culturelles sont encore perceptibles trois siècles plus tard.

 

            L’approche critique de cette période a été très peu réalisée, car cette révolution a toujours été présentée comme une victoire de l’homme sur l’irrationnel.

 

Bien que le contexte dans lequel s’est produite cette émancipation était celui d’un occident malade de son christianisme, sans nulle référence, à ce moment-là, aux autres religions ou cultures du monde, cette opposition entre foi et raison a été généralisée à l’ensemble des croyances de l’humanité. C’est le phénomène même de la foi qui a été remis en cause, comme si la moindre pensée religieuse n’était plus que l’expression de la faiblesse de l’homme, de sa peur de l’inconnu.

 

            La question est de savoir si cette pensée révolutionnaire n’a pas été trop radicale, voire extrémiste dans ses conclusions, au point d’ériger des barrières contre toute forme de pensée, dès lors qu'elle était religieuse. Il s’agit bien là d’une question fondamentale, puisqu’elle touche au sens de la vie.

 

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            A l’aube du nouveau millénaire, l’Occident et l’ensemble du monde connaissent de nombreuses crises, écologiques, sociales, politiques, économiques, morales... Tous en conviennent. Et pourtant les sciences et les techniques sont le domaine d’une évolution proprement vertigineuse. Le paradoxe est de plus en plus marqué entre le progrès technique d’une part et l’essoufflement du système qui l’engendre d’autre part.

 

            La question du "où va-t-on ?" revient en force, mettant en perspective les transformations frénétiques d’un environnement humain composé d’individus qui ne savent plus où ils vont. L’évolution n’est plus maîtrisée car elle n’est plus conduite que par des découvertes technologiques, sans véritable souci des facteurs socio-culturels ou tout simplement humains.

 

            En même temps, et pour d’autres raisons, la question de Dieu est de nouveau d’actualité. En effet, le monde scientifique se trouve plus que jamais confronté aux mystères de l’Univers, de la Vie, de l’Homme, etc... On sait désormais, et de manière scientifique, que les chances d’apparition et de survie d’un tel ensemble étaient si faibles qu’elles en deviennent inconcevables.

 

            La question du "Créateur", de la "Cause Première", du "Grand Ingénieur", se pose désormais scientifiquement. Mais l’envisager de manière réflexive est lourd de conséquences. Cela nous entraîne à nouveau dans une véritable révolution culturelle, remettant en cause des postulats vieux de trois siècles.

 

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            Au contraire de l’Occident, l’Islam n’a jamais séparé la science de la foi. Il les a en effet toujours considérées comme deux méthodes convergentes. La révélation qoranique n'a-t-elle pas commencé par l'impératif "Lis" (إقرأ) (1) ?

           

            Le Qoran, livre métaphysique et métaphorique, se présente en fait comme un véritable éloge de la pensée scientifique. A titre d'exemple, on y dénombre plus de 850 mots dérivés de la racine du mot "science" (علم). Et alors que l’on y compte 250 versets d'ordre législatif, environ 750 versets incitent à l'étude des phénomènes naturels, à la réflexion, à l'usage de la raison... bref à faire de l'entreprise scientifique une partie intégrante de la vie. C'est ainsi l'ensemble de la religion musulmane elle-même qui, dès l’origine, est empreinte de science. Pour preuve, citons cette phrase du Prophète Mohammed : « Les savants sont les héritiers des prophètes » (2) (العلماء ورثة الأنبياء) .

            De ce fait, l’Islam est l’unique religion au monde à être à l’origine d’une civilisation scientifique, au sens propre du terme, ce dont témoignent nombre d’ouvrages sur le sujet.

 

            Paradoxalement, c’est au nom de la lutte contre l’obscurantisme que certains ont fait le procès de l’Islam. Ce procès a été malheureusement entretenu par une grande ignorance de cette religion, tant chez les non-Musulmans que chez les Musulmans eux-mêmes.

 

            Il faut dire que la dérive du monde musulman a montré à quel point celui-ci s’est éloigné du sens de la révélation qoranique reçue par Mohammed.

 

            Cette ignorance partagée a, davantage encore, creusé le fossé entre cette religion et l’Occident. Un mur d’incompréhension s'est érigé, alors que trop peu savent à quel point cette opposition n’a pas lieu d’être.

 

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            La foi islamique n’est pas uniquement basée sur des sentiments, sur ce que l’on pourrait appeler des convictions intimes, mais également sur le raisonnement.

 

            Il s’agit d’une croyance "scientifique", dans le sens où elle utilise l’ensemble du monde connu pour se construire, se justifier et se renforcer. La foi y est un savoir universel, mais aussi personnel, que chacun est invité à acquérir à son rythme.

 

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            Chacun sait que le Qoran est le Livre Sacré des Musulmans. C’est le Livre de Dieu et, malgré leurs différends, les Musulmans ne reconnaissent qu’un seul Qoran, strictement le même depuis quatorze siècles.

 

            Pour les non-Musulmans, la question qui se pose est : pourquoi croire que le Qoran vient d’un Etre Suprême ? Ceci a déjà été l’objet de plus d’un débat.

 

            L’aspect qui va être développé ici est d’ordre numérique, mathématique et linguistique. En effet, le Qoran renferme un langage codé que nous avons eu la grâce de pouvoir décrypter, et qui s’articule autour de thèmes majeurs.

 

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En ce siècle, les hommes ne considèrent comme irréfutables que les raisonnements scientifiques reposant sur des bases mathématiques. Les calculs sont le dénominateur commun de toutes les disciplines scientifiques de notre temps, qu'il s'agisse de l'informatique, par exemple, de l'astrophysique ou de toutes les technologies. Les mathématiques sont le langage de l’univers, et les scientifiques affirment d’ailleurs qu’elles constitueraient le meilleur langage pour établir un contact avec une éventuelle intelligence extra-terrestre.

 

Si la numérologie est un art de supposer et de tirer des conclusions à partir de chiffres et de nombres, entre autres à des fins divinatoires, les faits rapportés ici sont, eux, de nature mathématique. Ils consistent en des séries d’observations permettant de constater physiquement l’évidence des résultats, et ils donnent à chacun la possibilité de découvrir un ordre insoupçonné derrière les apparences des versets qoraniques.

 

            Depuis leur publication en 1997 dans "Le Hasard Programmé, le miracle scientifique du Qoran" (3), le caractère irréfutable de ces observations mathématiques n’a pas été remis en cause. Les sommes chiffre à chiffre et les juxtapositions de chiffres concluant quelquefois ces observations viennent en complément les confirmer. Elles ne relèvent pas de pratiques mathématiques usuelles, mais leur justesse n’en est pas moins vérifiable. 

 

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[1] In sourate 96 (1ère sourate révélée), verset 1.

[2] Al-Boukhari (البخاري), Abou Dawoud (أبو داود), Al-Tirmidhî (الترمذي), Ibn Maja (ابن ماجة), Ahmed (أحمد), Malik (مالك) et Addarami (الدرامي).

[3] Farid Gabteni, "Le Hasard Programmé, le miracle scientifique du Qoran" (الصَدفة المنظمة ، الإعجاز العددي في القرآن فريد قبطني ، أحمد حجاج أول ،), 1ère édition : La VI, Paris, 1997 – 2ème édition : La VI, Paris, 1998 - 3ème édition : CIRS, Paris, 1999.

 

Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure, Farid Gabteni
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