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La première fois que le mot "distinct" (fardan, فردا) est cité dans le Qoran, c’est au verset 80 de la sourate 19.
La 80ème sourate de la vulgate s’intitule « Froncé », « ’Abaça, عبس » en arabe. Dans le Qoran, le jour de la résurrection est aussi qualifié de "froncé" : « Certes nous avons peur, de la Part de Notre Maître, d'un jour froncé (yawmân ’aboûçân, يوما عبوسا), contracté 10 » (24).
Certains ont traduit le titre de la sourate 80 par « Renfrogné », mot qui, dans la langue française, ne s’emploie que pour les traits du visage quand ils sont contractés par le mécontentement. Mais dans le Qoran, le mot ’abaça et ses dérivés ne sont pas utilisés seulement pour le visage. On ne peut par exemple pas traduire يوما عبوسا (yawmân ’aboûçân) par "un jour renfrogné" mais plutôt par "un jour froncé", à savoir "plissé, ridé, se contractant, se resserrant". Cette notion de plissage est d’ailleurs liée au jour de la Résurrection comme le souligne le verset suivant : « Le jour où Nous Plierons le Ciel comme le pliage des écrits par le scribe (…) 104 » (25). ’Abaça (عبس) et son dérivé ’aboûç (عبوس) sont donc des expressions de très fort mécontentement, de colère. Cette notion de colère liée à la fin des temps se retrouve aussi dans le Judaïsme et dans le Christianisme.
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En plus d’être le titre de la sourate 80, le verbe ’abaça est utilisé deux fois dans le texte qoranique : la première fois au verset 22 de la sourate 74 (المدثـر) :
et la deuxième fois au verset 1 de la sourate 80 (عبس) :
Lorsque le terme "il a froncé" (’abaça, عبس) est utilisé au verset 1 de la sourate 80, c’est en relation avec un aveugle (الأعمى). Or le premier ’abaça utilisé dans le Qoran est lié à la vue. En effet, il est précédé d’un verset disant : « Puis il a regardé (نـظـر ثم) 21 Puis il a froncé (عبس) et s'est crispé (بسر) 22 » (26).
Dans le verset 22, deux actions s’enchaînent : « Puis il a froncé et s'est crispé », en arabe : « Thoumma ’abaça wa baçar, ثم عبس و بسر ». Le mot arabe baçara (s'est crispé, بَسَـر) est phonétiquement proche de bassara (بَصَرَ), qui signifie "a vu".
"Vue" (bassar, بصر) est le mot utilisé dans le verset 22 de la sourate 50, lorsqu’il est dit : « (…) alors ta vue (bassarou-ka, بصرك) aujourd'hui est en fer ».
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Dans le Qoran, le fer (al-hadîd, الحديد) et froncé (’abaça, عبس) sont donc l’un comme l’autre liés au regard et à la vue. Par ailleurs, « Le Fer » et « Froncé » sont respectivement le titre de la 57ème et de la 80ème sourate de la vulgate.
De l’une à l’autre, on compte 24 sourates :
24 est le numéro de révélation (في التنزيل) de la sourate 80, « Froncé » (عبس), et le numéro de vulgate de la sourate « La Lumière » (النور). Et la lumière permet de voir. Egalement, la sourate 57 est la 94ème de la révélation et, dans la vulgate, la sourate 94 est « L'Explication » (الشرح).
Rappelons ici que Jésus guérissait les aveugles. Mais surtout, on lit dans l’Evangile de Jean cette annonce : « Jésus dit alors : "C'est pour un Jugement que je suis venu en ce monde : pour que voient ceux qui ne voient pas et pour que ceux qui voient deviennent aveugles" 39 » (27).
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Revenons à la sourate 9, « Le Repentir » (التوبة), et à la sourate 27, « Les Fourmis » (النمل).
Nous connaissons le lien entre ces deux sourates. La sourate 9 fait exception car les 19 lettres de la basmala n’y sont pas visibles en ouverture, et la sourate 27 fait exception car elle est la seule sourate à l’intérieur de laquelle on trouve la basmala, au verset 30 :
Le verset 30 de la sourate 27 étant mis en évidence par la basmala intérieure, arrêtons-nous au verset 30 de la sourate 9 :
Chacun de ces deux versets 30 comporte un prénom : Salomon (سليمان) est cité au verset 30 de la sourate 27, et dans le verset 30 de la sourate 9, il est question d’un certain Ouzaïr(عزير). Si nul n’ignore qui est Salomon, il n’en est pas de même pour Ouzaïr, cité une seule fois dans le Qoran.
La tradition musulmane rapporte qu’Ouzaïr (عزير العزيز) est un prophète qui fit redécouvrir la Torah aux Juifs après que ceux-ci l’aient perdue et oubliée.
’Ouzayr (عزيـر), en arabe, vient de el ’azrou (العزر), qui signifie “le soutien”.
Etant donné que le Qoran met ce nom dans la bouche des Juifs, recherchons-le dans la Bible.
On retrouve dans la Bible le nom Azour (28) (عزّور / rwz[). En hébreu, il est l’abréviation de Azaria (hyrz[) et Azaryahou (whyrz[), signifiant "Yah (29) a soutenu, secouru", sens que l’on retrouve dans le mot arabe el ’azrou, d’où vient ’Ouzayr.
Notons que le premier Azaryahou
cité dans la Bible était au service de Salomon : « Le roi Salomon régna donc sur tout Israël 1
Et voici quels furent ses fonctionnaires : Azaryahou, fils de çadok, le pontife 2 »
(30). Quant au plus ancien Azaria cité dans la Bible, il s’agit du petit-fils de Zérah, lui-même fils de Juda et de Tamar : « Voici les enfants d’Israël : Ruben, Siméon, Lévi, Juda, (...) Er, le premier-né de Juda, ayant déplu au Seigneur, le Seigneur le fit mourir. Tamar, sa bru, lui enfanta Péreç et Zérah (...) Fils de Zérah : Zimri, Ethân, Hêmân, Kalkol, Dara, en tout cinq (...) Fils d’Ethân : Azaria... » (31).
Zérah, né de Juda et Tamar, est cité dans la généalogie de Jésus dans l’Evangile de Matthieu, conjointement à son frère jumeau Péreç : « Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham 1 Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères 2 Juda engendra Péreç et Zérah, de Tamar, Péreç engendra Esrom, Esrom engendra Aram 3 (…) » (32).
C’est de Zérah que viennent les noms Azaria, Azaryahou, Azour, dont le sens est "a soutenu".
Autrement dit, le propos des Juifs rapporté au verset 30 de la sourate 9, au sujet d’Ouzaïr, conduit à ce que les Chrétiens disent au sujet du Messie, quant à sa généalogie. Et l’énoncé de cette généalogie dans la Bible montre d’elle-même la filiation, non pas divine, mais très humaine du Messie, à travers Péreç, frère de Zérah.
Le verset 30 de la sourate 27 cite Salomon et le verset 30 de la sourate 9 cite Ouzaïr, qui conduit à la généalogie de Jésus. Cette généalogie humaine de Jésus est confirmée par celui-ci au verset 30 de la sourate 19 : « Il dit : "Certes Je suis l’Esclave de Dieu. Il m’a Donné le Livre et Il m’a Fait Annonciateur (Prophète)" 30 ».
En arabe comme en hébreu, tamar veut dire "datte" (تمر / rmt), et le Qoran raconte la naissance de Jésus sous un dattier (جذع النخلة) (in sourate 19, verset 23). Et en français, "datte" cache "date" et "dette" (دين).
Il est approprié de citer ici ce verset qoranique tiré de la sourate 78, « L’Annonce » (النبأ) : « Et Toute Chose Nous la Recensâmes en Livre (و كل شيء أحصينه كتبا) 29 ».
[24] Sourate 76.
[25]
Sourate 21.
[26] Sourate 74.
[27] Le Nouveau
Testament, Jean, 9.
[28] La Bible, Jérémie,
28 : 1 ; Ezéchiel, 11 : 1 ; Néhémie, 10 : 18.
Les références bibliques citées dans ce traité proviennent de la Bible hébraïque et du Nouveau Testament. [29] Abréviation
de "Yahvé".
[30]
La Bible, I. Rois, 4 : 1-2.
[31]
La Bible, I. Chroniques, 2 : 1-8.
[32]
Le Nouveau Testament, Matthieu, 1.
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Le
Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure, Farid
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