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La racine de Raqîm, ici traduit par "chiffreur", est R-Q-M. Dans sa forme nominale la plus restrictive (sans ajout de préfixe ni de suffixe), cette racine donne le mot RaQM, qui signifie aussi bien "numéro" que "nombre". Dans sa forme verbale la plus restrictive, cette racine donne le mot RaQQaMa, dont le nom d’action est taRQîM. les dictionnaires arabes donnent plusieurs significations aux mots dérivés de la racine R-Q-M. Nous n’en citerons que deux, les plus proches du sens du mot utilisé dans le verset 9 de la sourate 18. Puis nous ferons l’analyse morphologique du nom d’agent Raqîm.
Premier sens des mots dérivés de R-Q-M. Pendant les premiers siècles de l’Islam, le nom d’action taRQîM était utilisé dans le sens de l’élucidation, l’éclaircissement d’un écrit par des points ajoutés sur ou sous des lettres qui se ressemblent, afin de les différencier. Ceci se comprend plus facilement quand on sait qu’au début de l’écriture de l’arabe, avant l’Islam et jusqu’au premier siècle de l’hégire, rien dans l’écriture, ne permettait de distinguer certaines lettres les unes des autres. C’est le cas par exemple du b (ب), du t (ت) et du th (ث ), du n (ن) au début et au milieu d’un mot, ou encore du y (ى) au début et au milieu d’un mot...
Le fait de mettre des points au dessus ou en dessous des lettres a considérablement changé la lecture. Cette opération se dit en arabe tanqît ou tarqîm. Faire le tarqîm revient donc à éclaircir et élucider un écrit au départ difficile d’accès, voire impénétrable, facilitant et permettant sa lecture donc sa compréhension.
De nos jours, ce même mot est utilisé pour exprimer la notion de ponctuation, puisque cette dernière permet elle aussi d’élucider et d’éclaircir un texte. Qu’il s’agisse de rajouter des points ou de ponctuer un texte, tarqîm signifie donc "élucidation, éclaircissement, explication".
Deuxième sens des mots dérivés de R-Q-M. Il s’agit de la numérotation de plusieurs éléments se succédant, afin de faciliter et de permettre le dénombrement.
Passons maintenant à l’analyse morphologique du mot Raqîm, nom d’agent dérivé de la racine trilitère R-Q-M par l’introduction de la voyelle courte a entre la première et la deuxième lettre et de la voyelle longue î (ي) entre la deuxième et la troisième lettre (4).
Nous avions déjà vu avec le mot rahîm (5) que cette forme exprime le nom d’agent (ou celui qui fait l’action) avec une grande intensité. Le sens de raqîm serait donc : "celui qui maîtrise le tarqîm au point d’être nommé par ce mot même". Dans le contexte du verset où apparaît le mot Raqîm, à savoir le nombre des gens de la Grotte, il signifie : "Celui qui maîtrise l’élucidation, l’éclaircissement et l’explication par les chiffres", d’où "le Chiffreur".
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Raqîm ne diffère de Rahîm que par une lettre. En effet, alors que Rahîm (رحيم) s’écrit avec un ha (حـ), Raqîm (رقيم) s’écrit avec un qaf (قـ) :
Si nous écrivons ces deux mots de haut en bas, les deux lettres par lesquelles ils se différencient révèlent graphiquement un 1 et un 9, soit en les assemblant un 19. Rappelons que ce verset 9, sourate 18, commence par "as-tu compté" (أم حسبت) et se termine par "étonnants" (عجبا) (6).
Assemblées, ces deux lettres forment 19, mais aussi le mot haq (حق), qui signifie "vrai". Or ce mot n’est cité qu’une seule fois dans la sourate 19 (7), et c’est en relation avec Jésus :
Rappelons ici que le nom Jésus (عيسى) n’est cité qu’une seule fois dans la sourate 19, dans ce verset, et qu’il s’agit de sa 19ème citation depuis le début du Qoran (8).
Notons de plus que le mot "vrai" (haq, حق) est cité dans 57 sourates, la 18ème étant la sourate 19, « Meryem ». Or c’est la sourate 18, « La Grotte », qui révèle l’équation 19 = حق (vrai).
« (…) Alors qu’y a-t-il après Le Vrai (الحق) si ce n'est l’égarement (…) 32 » (9).
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L’expression
"le Chiffreur" (Er-Raqîm, الرقيم) est utilisée une seule fois dans le Qoran, au verset
9 de la sourate 18. Le mot Raqîm (رقيم)
vient de raqm (رقم),
qui signifie "chiffre". Or de tout le Qoran, c’est dans un
verset de la sourate 18, le verset 22, qu’on trouve rassemblés le plus
de nombres différents, cardinaux et ordinaux :
Si nous effectuons la somme des nombres cardinaux d’une part et des nombres ordinaux d’autre part cités du verset 9 au verset 25 de la sourate 18, c’est-à-dire de la première à la dernière citation du mot "grotte" dans le Qoran, nous obtenons les résultats suivants :
Versets citant des nombres, du verset 9 au verset 25 de la sourate 18
L’addition des nombres cardinaux donne 324, le multiple de 18 par 18 :
Ces deux 18 sont remarquables car nous avons bien pris en compte les nombres allant de la première à la dernière fois où le mot "grotte" est cité. Par ailleurs nous avons été menés à la sourate 18, « La Grotte », et à ces résultats par les deux ensembles de 9 fois Rahîm situés dans les sourates 9 et 26. Leur somme donne 18 (9 + 9 = 18), et il y a 18 sourates de la sourate 9 à la sourate 26. La boucle est bouclée.
De surcroît, l’addition des chiffres ordinaux donne 18 :
Rappelons ici pour conclure que la première fois où le mot "grotte" est cité, c’est au verset 9, et la dernière fois, c’est avec le chiffre 9 (au verset 25).
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On trouve aussi, dans le verset 22 de la sourate 18, l’expression "leur dénombrement" (’iddatihim, عدتهـم). Cette expression, où "leur" (هم) réfère à un masculin (à savoir "le dénombrement de eux"), n’est retrouvée que deux fois dans le Qoran : dans ce verset et dans le verset 31 de la sourate 74, « L'Enveloppé » (المدّثـّر). Et nous avons vu que, dans ce dernier, le dénombrement est une "dissociation" (فتنة) pour les mécréants et un affermissement pour les croyants (10).
La liaison entre l’Heure, la Résurrection et le dénombrement est encore confirmée par le fait que, dans le Qoran, le Jour de la Résurrection est aussi appelé "le Jour du compte" : « Et ils dirent : "Notre Maître ! Hâte pour nous notre dû avant le Jour du Compte (Yawm-el-Hiçâb, يـوم الحساب) 16 » (11).
La discussion rapportée dans le verset 22 de la sourate 18 a trait à un dénombrement qui donne lieu à plusieurs suppositions. Chacune d’entre elles énonce un nombre cardinal (trois, cinq, sept) et un nombre ordinal (quatrième, sixième, huitième).
Le nombre ordinal désigne toujours la même chose, à savoir "leur chien" (kalbouhoum, كلبهم) : - « (…) trois, leur quatrième est leur chien (…) », - « (…) cinq, leur sixième est leur chien (…) », - « (…) sept, et leur huitième est leur chien (…) ».
Nous avons vu plus haut que la somme des trois nombres ordinaux associés à "leur chien" donne 18. Or au verset 18 de la sourate 18, nous trouvons citée l’expression "leur chien", pour la première fois dans la sourate, et d’ailleurs dans tout le Qoran : « Et tu les supposes réveillés et eux sont endormis. Et Nous les Retournons de par la droite et de par la gauche et leur chien (kalbouhoum, كلبهم) étendant ses pattes à la clôture. Si tu les avais aperçus certainement tu t'en serais détourné en fuyant et tu en aurais été empli d’effroi 18 ».
C’est dans ce verset 18 que se situe le cœur du Qoran, ou encore l’endroit médian du Qoran, en ce sens qu’il y a le même nombre de lettres avant et après (12).
Notons ici que "kalbouhoum, كلبهم" (leur chien) ne se différencie que par une lettre du mot "qalbouhoum, قلبهم", qui signifie "leur cœur".
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Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure, Farid
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