2000 / presse scientifique
LE DOSSIER 2 (pp.55-65)

"Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure"

Enquête de Jean-Baptiste Pétrissans, Fatima Charif et Marcel Scholz.

LE DIVIN

DES HORIZONS SCIENTIFIQUES

La Science a-t-elle pour objet de se prononcer sur l'origine des textes sacrés ? A priori non : quand la Science appelle au savoir, le sacré prône la croyance en des réalités impalpables. Le divorce entre eux est aussi vieux que l'émancipation de la pensée scientifique, et rien ne semble vouloir les réconcilier.

Rien ? Pas si sûr. De récents travaux relèvent le défi. En analysant systématiquement la structure du Qoran, Farid Gabteni, chercheur algérien assisté d'une équipe pluridisciplinaire, ouvre le débat : à la lecture de ses travaux, on peut légitimement s'interroger sur les possibilités techniques d'élaboration d'une structure aussi complexe que celle de ce livre. Une double complexité : mathématique et linguistique.

Dame Science en est encore toute retournée : on vient à nouveau l'interpeller sur un thème qu'elle n'affectionne guère - les textes "sacrés" -. Nouvelle illumination ou future révolution ? Quoi qu'il en soit, le sujet mérite d'être étudié et tranché.

Quoi de neuf pour justifier de réveiller un si vieux débat ? Farid Gabteni apporte dans "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure"(1) une somme d'observations numériques et linguistiques, dont l'imbrication défie la rationalité. Les résultats sont suffisamment rigoureux pour interpeller la communauté scientifique, particulièrement les mathématiciens.

Mathématiques, dites-vous ? Oui. Car sans être lui-même mathématicien de formation, Farid Gabteni a ouvert une voie dont l'outil d'exploration principal est la "noble discipline" de la science.

"L'outil de compréhension du Sacré"

Depuis que l'homme est homme, les mathématiques sont un outil de compréhension de l'environnement. Ses concepts permettent de décrire les lois du monde physique, de la découverte de l'unité à la théorie des cordes. Rappelons-nous la géométrie non-euclidienne, monstre d'abstraction devenu l'outil incontournable de la Relativité. Plus proche de nous, la découverte d'une "loi de l'évolution", via la géométrie fractale, illustre la pertinence d'outils mentaux pour étudier des phénomènes réputés aléatoires (tremblements de terre, fluctuations économiques, etc…).


Feuillet de la vulgate d'Othman (Tachkent)

Les mathématiques seront-elles aussi l'outil de compréhension du Sacré ? L'affirmer aujourd'hui relève de l'imposture. Mais l'idée n'est pas si incongrue aux yeux des philosophes des Sciences. Pour certains en effet, l'esprit humain n'a inventé les mathématiques que pour se perpétuer dans un environnement caractérisé par l'inconnu. Grâce à elles, le monde se retraduit dans un langage compréhensible, dans la sphère du connu. Dans cette perspective, la recherche de la compréhension du sacré ne représenterait qu'une étape de plus dans la quête universelle du savoir.

Le chercheur spécialiste des textes religieux anciens - principalement le Qoran et la Bible - s'est d'abord penché sur la structure numérique de ces textes. Nul n'ignore par exemple le découpage des textes en versets. Ne servent-ils qu'à la mémorisation ou à la liturgie ? Ou leur différence, en nombre et en taille, véhicule-t-elle un sens ?

D'emblée, on peut répondre que tout écrit est structuré, même s'il l'est de manière asymétrique. Les poésies en sont un bon exemple. Mieux, on peut toujours combiner les données sur n'importe quelle oeuvre pour en extraire des éléments répétitifs, à priori non prévus par leurs auteurs. Il fallait également tirer les leçons des travaux antérieurs sur "l'existence" de codes dans la Bible ou dans le Qoran, et il fallait dépasser l'excitation des premières découvertes et mener une étude véritablement pluridisciplinaire. En un mot, vérifier et valider chaque observation.

"Hasard, oui, mais programmé"

L'aventure commence en 1993. Farid Gabteni travaille sur la version graphique originelle du Qoran, plus connue sous le nom de "Vulgate d'Othman" (voir article ci-dessus). Assisté d'un linguiste, Ahmed Hadjadj-Aoul et d'un Sc-Po, il relève des coïncidences surprenantes sur le manuscrit. Certaines observations sont récurrentes : en terme de nombres de lettres, de mots, de versets ou de chapitres. Tout indique la présence d'une structure numérique organisée, méconnue depuis plus de quatorze siècles. En 1997, Farid Gabteni publie ses premiers résultats sous le titre "Le Hasard Programmé - Le miracle scientifique du Qoran"(2).

De 1993 à 1998, l'équipe compile les éléments renforçant la démonstration : "un bédouin seul au milieu du désert d'Arabie il y a plus de quatorze siècles n'avait ni les moyens intellectuels, ni les outils techniques pour élaborer un système aussi complexe. Mieux : même avec des ordinateurs, il (Mohammed) ne serait pas arrivé à ce résultat". Un premier pas est franchi : "le Qoran est devenu un objet d'étude scientifique, et non plus purement théologique. Le caractère extraordinaire de cette oeuvre n'est plus soumis à une croyance. Il est posé telle une addition sur un tableau noir. Vérifiable par tous." (voir article "Rigueur scientifique" ci-dessous).

Une méthode : la causalité

Dès janvier 99, les travaux prennent une autre tournure. Tout commence par un sentiment de frustration : "Nous travaillions depuis six ans sur ces textes, nous avions accumulé des volumes entiers de données et d'observations répétitives et reproductibles. Mais pour quoi ? Il manquait le message". Le message, on le pressent. Et qui dit message dit déchiffrage, donc méthode à suivre. Il faut une indication. Pour comprendre, il faut revenir à l'origine, au début, au départ du Qoran. L'origine, tel était le mot-clé, et c'est encore Farid Gabteni qui va le trouver. La réponse était au début du Qoran. Le pas décisif est franchi : après avoir établi scientifiquement le caractère extraordinaire de la structure du Qoran, le chercheur met à jour un sens à toute cette cohérence. La structure n'est pas une fin en soit, elle se met à "parler", les chiffres et les mots résonnent. "En un mot, la lettre devenait vivante".

Abraham, le premier scientifique

En revenant à l'origine, Farid Gabteni suit l'exemple d'Abraham. "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" propose une analyse exhaustive de la description du Patriarche dans le Qoran. Ce dernier passe sa vie à rechercher la raison d'être de toute chose. Il est sûr que toute question a sa réponse. Pour cela il procède par "argumentation", soumettant systématiquement ses hypothèses à la critique.

S'inspirant de ce modèle, l'auteur de "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" ne présente pas une observation sans l'argumenter. Chaque élément est présenté de manière claire et vérifiable. Le message s'impose alors.

"Chacune des découvertes faites par Farid Gabteni était reprise par ses assistants, explique Ahmed Hadjadj-Aoul. Tout nouvel élément mis à jour et qui paraissait hors contexte lui était exposé, il en examinait tous les aspects, finissait par l'identifier et l'inserrait alors à sa place dans le puzzle".

L'intuition n'est jamais absente de la recherche scientifique. Elle y préside souvent. L'inspiration a joué un rôle indéniable dans ces recherches. "Elle représente la part de la foi dans le raisonnement de Farid Gabteni. C'est l'exemple de ce qui conduit à lier, et donc à voir que le 19ème chapitre du Qoran a pour titre "Marie", et que celle-ci est citée 19 fois dans le Nouveau Testament (dans le texte canonique grec)".

Transcendance du langage

Devant ces découvertes, le scientifique pointe du doigt un nouveau phénomène. La structure numérique se renforce d'observations linguistiques. Les chercheurs découvrent ainsi une quantité de correspondances phonétiques et sémantiques entre l'arabe, l'hébreu et le français (voir article "Quoi de neuf dans le 9 ?" ci-après).


Structure du Qoran mise à jour dans
"Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure".

"Le plus surprenant est que ces adéquations ne résultent pas d'emprunts, reprend le linguiste Ahmed Hadjadj-Aoul, ce dont rend habituellement compte l'étymologie. Ainsi, comment expliquer l'équivalence entre l'arabe "afela" et le français "a filé", ou encore entre "'atiq" et "antique", "'azala" et "isolé"?"…

L'étymologie tient une large place dans les travaux de l'équipe, où elle est poussée à l'extrême. Mais elle n'explique pas tout. Par exemple : le mot "français" vient de "franc", signifiant "parler ouvertement, en toute clarté, sans réticence". Et en arabe, le mot "arabe" vient de "i'rab", ayant strictement le même sens. Il n'existe à cela aucune explication étymologique. Une illustration, selon l'auteur, "de la transcendance du langage, au-delà de la barrière des langues" (3).



L' assistant de Farid Gabteni :
le Professeur Ahmed Amine Hadjadj-Aoul.

"STRUCTURES NUMERIQUES ET LINGUISTIQUES"

Pourquoi le français ? "Ce qui a été mis en évidence, principalement entre l'arabe et le français, laisse supposer l'existence de phénomènes similaires dans d'autres langues, note Ahmed Hadjadj-Aoul. Nous n'avons fait qu'observer et constater un phénomène qui nous dépasse. Mais il correspond à une réalité tangible, sur le plan linguistique comme sur le plan mathématique".

De l'origine à la fin des temps

Résumons-nous : les travaux de Farid Gabteni et son équipe mettent en lumière une structure numérique et un phénomène linguistique dans un livre vieux de plus de quatorze siècles. Personne n'avait vu le (ou les) phénomène(s), et "pas une lettre n'a été rajoutée au Qoran pour pouvoir aujourd'hui le déchiffrer"(3).

Mais quel est ce message ? En deux mots, "le Qoran confirme, preuves scientifiques à l'appui, l'annonce messianique contenue dans les différentes Ecritures ; en particulier celles des trois religions monothéistes", explique Ahmed Hadjadj-Aoul.

"Le Hasard Programmé - Le miracle scientifique du Qoran"(2) mettait déjà en exergue Marie et son fils. Le rapprochement était fait, par exemple, entre la prépondérance des observations portant sur le 19 et le titre du 19ème chapitre du Qoran : "Marie".

"Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" va plus loin : le message caché du Qoran véhicule l'annonce de l'avènement de Jésus. La nouveauté tient à la profusion des observations le désignant comme personnage-clé de l'Heure, c'est-à-dire de la fin des temps… Telle est l'explication du titre de l'ouvrage. Dans le Qoran, Jésus est en effet désigné comme "une science pour l'Heure" (Qoran, 43/61).

"Mondes inconnus"

Jésus n'était chez les musulmans qu'un signe de l'Heure. Il devient, avec "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure", un pilier de la révélation qoranique et l'événement principal de la résurrection.

Quant aux Chrétiens, n'ignorant pas que Jésus est désigné dans le Qoran comme le fils de la vierge Marie et le messager de Dieu, ils étaient loin de s'imaginer que le Qoran affirmerait aussi spectaculairement son importance. Malgré tout, celui-ci reste "le Dire du Vrai dans lequel ils exagèrent" (Qoran, 19/34). Le message révélé par l'étude le confirme : Jésus n'est ni Dieu ni son fils, mais un prophète et un messager d'une envergure spéciale.

Le Judaïsme n'est pas en reste. Le message du Qoran est une confirmation du messianisme contenu dans la Torah et le Talmud, la loi écrite et la loi orale auxquelles doit adhérer tout juif se disant croyant. Le Qoran affirme cependant et sans équivoque que le Messie attendu par Israël s'est déjà présenté à eux. Il n'est autre que Jésus fils de Marie.

Pluridisciplinaire, "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" est donc une compilation de travaux innovateurs, exposés avec clarté et érudition. Il donne au scientifique et au profane de nouvelles perspectives pour découvrir et déchiffrer des mondes inconnus, des mondes plus familiers qu'ils ne croient.

Les prochaînes éditions seront consacrées à l'imbrication des lectures de Hafs, Warch et Qalun. Les onze autres lectures suivront.

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(1) Farid Gabteni, "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure", 1ère éd., CIRS, Paris, juillet 1999 - 2ème éd., Al Bouraq, Beyrouth, novembre 1999 - 3ème éd., Al Bouraq, Paris, mars 2000.

(2) Farid Gabteni, "Le Hasard Programmé, le miracle scientifique du Qoran", 1ère édition : La VI, Paris, 1997 - 2ème édition : La VI, Paris, 1998 - 3ème édition : CIRS, Paris, 1999.

(3) In Farid Gabteni, "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure", 1ère éd., CIRS, Paris, juillet 1999 - 2ème éd., Al Bouraq, Beyrouth, novembre 1999 - 3ème éd., Al Bouraq, Paris, mars 2000.

LA NUMÉRIQUE A LA RENCONTRE DE LA LINGUISTIQUE

QUOI DE NEUF DANS LE 9 ?

"Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" fourmille de liens sémantiques aussi spectaculaires qu'inattendus.

Dans le Qoran, chaque fois que le 9 donne lieu à une observation, il introduit une situation nouvelle, présentant un caratère exceptionnel :

- Tous les chapitres du Qoran commencent par l'expression "Au Nom de Dieu L'Origine L'Arrangeant", à l'exception du chapitre 9.

- Cette expression ne figure jamais à l'intérieur d'un chapitre sauf une fois, chapitre 27. Or 27 est le produit de 9 par 3.

- L'attribut "Arrangeant", dernier terme de cette expression, est cité 9 fois dans le chapitre 9. La 9ème, et dernière citation de ce mot dans le chapitre 9, est la seule de tout le Qoran à ne pas désigner Dieu, mais le Messager.

- Un autre chapitre compte 9 fois l'attribut "Arrangeant". Il s'agit du n° 26. Dans celui-ci, les 8 premières citations sont cités dans un verset se répétant à l'identique. La 9ème l'est dans un verset différent.

Ainsi le 9 apporte du neuf. Mohammed pouvait-il prévoir cette correspondance en français ? C'est la démonstration par l'absurde. Aussi absurde que d'imaginer le prophète du désert prophétiser en latin : "Novem novum est".

Celui qui sait marie "mer" et "yem"

Qui ne sait que Marie (Meryem en arabe et en hébreu) est le nom de la mère de Jésus ?

1- "Mer" en français se dit "yem", en arabe(1) comme en hébreu.

2- En français, "mer" est l'homonyme de "mère". En arabe et en hébreu, "yem" est l'homonyme de "yeme", qui signifie "maman".

La mère est une mer pour son enfant, porté pendant 9 mois dans la poche des eaux. Le 9ème mois, elle donne naissance à un nouveau-né : le 9 est neuf.

 

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(1) Le terme "yem" est utilisé dans le Qoran seulement dans le récit de l'histoire de Moïse.

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ISBN : 2-84161-145-
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Le Soleil se lève à l'Occident-Science pour l'Heure - Farid GABTENI

 

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Echo de presse :

EQUATIONS DIVINES ?

Dieu serait-il le premier prof de maths ? Et a-t-il inventé la machine à remonter le temps ? C'est en tout cas à ce genre de questions qu'a répondu très sérieusement un chercheur algérien, Farid Gabteni, dans son livre "Le soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure". A ce jour, une bonne dizaine de livres prétendument scientifiques, censés nous prouver l'existence de Dieu, a été publiée. En ce siècle des sciences, normal. Un des derniers en date : "La Bible : le code secret" (1997). Mais "l'équation" 1 + 1 = 3" n'est pas vraiment, ou plutôt pas du tout scientifique. La nouveauté, dans le livre de Farid Gabteni, c'est qu'il n'avance rien sans l'étayer de toute une panoplie d'arguments scientifiquement vérifiables, et cela de façon systématique tout au long de son ouvrage. Il expose ses découvertes de manière si claire même pour le grand public, que force est de constater que les résultats parlent d'eux-mêmes. L'ouvrage a vraiment de quoi surprendre, et c'est bien le corps scientifique que ses découvertes interpellent, par leur rigueur et leur pertinence. En moins de 400 pages, le chercheur nous fait découvrir une réalité incontournable, jusqu'alors inconnue : une ingéniosité au-dessus de nos capacités humaines et technologiques, qui a ordonné le Qoran. Les dernières publications du C.I.R.S. (juillet-août 1999) se font l'écho de ses découvertes. Et la première édition est déjà épuisée. La deuxième sera en librairie début octobre. En attendant, les deux sites internet www.cirs-tm.org et www.cirs.tm.fr proposent le livre en libre accès. Bravo.

Cité Science -septembre 1999

   
 

La Vulgate d'Othman

Désigne le plus ancien manuscrit complet du Qoran (644-645) parvenu à nos jours. C'est en quelque sorte la première édition du Qoran. Othman est le troisième Calife après le Prophète ; c'est sous son règne qu'a été achevé ce manuscrit.

Etabli par ceux qui mémorisaient le Qoran par cœur, le corpus fut confronté aux manuscrits datant de la révélation du Qoran (610 à 632).

Il reste deux exemplaires de cette édition, l'un conservé au Musée Topkapi (Istanboul) et l'autre à Tachkent, en Ouzbekistan. La "Vulgate d'Othman" est ainsi le document de référence du Qoran. Tout livre du Qoran est en quelque sorte une réédition de ce manuscrit.

   
 

Ordre de vulgate et ordre de révélation

Dans la Vulgate, le Qoran se présente en 114 chapitres de longueur inégale. Cet "ordre de vulgate" se distingue de "l'ordre de la révélation", c'est-à-dire de l'ordre dans lequel Mohammed a reçu les différents passages du Qoran. En effet, celui-ci n'a pas été révélé d'un bloc, mais de façon étalée sur vingt-trois ans. Pour les Musulmans, l'ordre de vulgate est lui-même de nature révélée : ce n'est pas à sa guise que Mohammed a "classé" les différentes révélations qu'il a reçues, mais selon les indications qu'il recevait.

Chaque chapitre du Qoran est donc caractérisé par une double numérotation. Par exemple, "L'Ouvrante", premier chapitre dans la vulgate, est en fait le cinquième chapitre dans l'ordre de la révélation.

   
 

CODE DE LA BIBLE ET NUMERIQUE DU QORAN

LES PRECEDENTS

Les médias se sont déjà fait l'écho des fracassantes découvertes sur la Bible et le Qoran : histoire d'une vache accouchant d'un œuf.

Mai 1997 : les télescripteurs sont en effervescence. On a découvert le code secret de la Bible ! Articles de journaux et émissions à grande audience se succèdent : si on y avait prêté attention, on aurait peut-être évité l'assassinat d'Yitzhak Rabin.

Le succès international du livre est évident. Son contenu l'est un peu moins. Et le débat sur la validité de ces travaux est toujours en cours. Ne nous y risquons donc pas.

Avançons simplement que le code secret de la Bible est un essai de prophéties "scientifiques". Il a donc trouvé ses détracteurs parmi ceux que les prophéties rebutent.

C'est ici la première grande différence avec les travaux de Farid Gabteni. Ni prédiction ni annonce apocalyptique : la bonne vieille méthode scientifique est à l'honneur - observation, proposition, vérification et validation.

Différence dans les buts, différence dans les méthodes. Le décodage de la Bible se base sur l'outil informatique : chaque lettre du texte est mise en mémoire. On suggère ensuite à l'ordinateur des mots qu'il doit retrouver en réunissant des lettres réparties dans le texte original suivant une symétrie. L'apparition de ces mots apporte parfois des coïncidences troublantes, la plus connue étant : "Yitzhak Rabin" et "l'assassin assassinera".

La méthode du chercheur algérien, elle, n'est pas tributaire d'un programme informatique. Il ne s'agit pas de construire des résultats, mais de présenter des faisceaux d'observations. Les résultats se font écho, dévoilant à mesure la structure cachée du texte.

Débats sur la numérique du Qoran

L'informatique a aussi été exploitée pour le Qoran. Nous voilà au milieu des années 70. Après avoir rempli leurs disques durs de données sur le livre, des chercheurs essayent de faire parler les chiffres. Le résultat est mitigé. Quantitativement tout d'abord. Toute l'énergie impliquée dans ce projet ne permet de mettre à jour qu'une vingtaine d'observations, dont toutes ne sont pas probantes. L'ordinateur est avare de révélations…

Qualitativement ensuite. Les chercheurs n'ont pas pris en compte tous les paramètres nécessaires (voir article "Rigueur scientifique" ci-dessous), prêtant ainsi le flan à la critique.

Culturellement enfin. Ces découvertes, même modestes, ont un écho dans le monde musulman. Mais leur aspect purement observationnel en limite la portée. Trop peu pour intéresser la communauté scientifique ; pas assez sensationnel pour prêcher les convertis.

L'entreprise connaît ensuite un semi-enterrement, pour des raisons philosophiques : des docteurs musulmans décrètent qu'il ne faut pas jouer aux apprenti-sorciers avec le Qoran, et renvoient leurs brebis dans les mosquées.

Faible mais pas faux

Farid Gabteni prend connaissance de ces travaux dès le début des années 80. Comme d'autres, il suit le débat s'y rapportant. Si les découvertes sont pertinentes, il faut aussi prendre en compte les lacunes méthodologiques. A contrario, quelques inexactitudes ne doivent pas condamner des recherches prometteuses. Au début des années 90, assisté de linguistes et d'ingénieurs, il reprend tout à zéro (voir article "Rigueur scientifique" ci-dessous).

   
 

L'ORIGINE LE DÉBUT

Le message caché du Qoran se dévoile et se développe à partir d'un mot-clef : l'origine.

Au début du Qoran on lit : "Au Nom de Dieu L'Origine L'Arrangeant", une expression contenant la notion d'origine.

Le début de chaque chapitre, c'est son titre. Sur 114, un seul a pour titre un des termes de cette formule, et il s'agit de "L'Origine". Il débute par : "L'Origine a Enseigné le Qoran, a Créé l'Homme" (Qoran, 55/1-3).

Le début de la révélation du Qoran est : "Lis par le Nom de ton Maître qui a Créé - A Créé l'homme d'un lien (…) A Enseigné l'homme ce qu'il n'a pas su" (Qoran, 96/1-5).

Et le début de l'homme, c'est Adam, cité pour la première fois dans le Qoran de la manière suivante : "Et Il Enseigna Adame les noms entièrement" (Qoran, 2/31).

Dès l'origine du Qoran, on voit l'importance du nom : le Qoran ouvre avec "Le Nom de Dieu L'Origine L'Arrangeant". La première révélation commence par "Lis par le Nom de Ton Maître qui a Créé". Et le premier homme, Adam, dès qu'il est cité : "Et Il Enseigna Adame les noms entièrement"

"L'Origine" et "le Nom" confirment à eux seuls la règle à suivre : la recherche de la causalité, de l'explication première. En un mot : l'étude des noms.

   
 

LES LECTURES
Variantes dans la psalmodie

A la différence des éditions ultérieures, la Vulgate d'Othman et les premiers manuscrits du Qoran ne comportent ni voyelles ni points diacritiques. Ceux-ci ont été ajoutés dans un deuxième temps, afin de fixer les règles de la psalmodie. La voyellisation et la diacritisation sont une caractéristique des langues sémitiques. Elles s'ajoutent à la graphie sans la modifier, se contentant de donner des indications sur la prononciation.

S'il n'y a qu'une seule graphie du Qoran, authentifiée par la Vulgate d'Othman, il existe des variantes dans sa prononciation, le plus souvent minimes. Ces variantes ont donné naissance aux "lectures". Quatorze "lectures" sont répertoriées, chacune caractérisée par une "chaîne de transmission" qui remonte jusqu'à Mohammed.

En clair, toutes ces lectures ont été fixées par écrit dans les deux premiers siècles ayant suivi la révélation du Qoran. Elles sont toutes considérées comme authentiques par les savants musulmans. Ces différentes lectures varient entre elles par la signalisation (voyelles et points diacritiques) et par le nombre de versets de certains chapitres. Le verset 1 de tel chapitre dans une lecture correspondra par exemple aux versets 1 et 2 du même chapitre dans une autre lecture ; ce décalage se traduira par une différence du nombre total des versets de ce chapitre entre les deux lectures considérées.

   
 

Lecture de Hafs et lecture de Warch

Seulement deux des quatorze lectures du Qoran ont été consacrées par l'usage, et elles représentent la presque totalité (98 à 99 %) des exemplaires du Qoran aujourd'hui en circulation. Ce sont la lecture de Hafs et la lecture de Warch, du nom de ceux qui les ont fixées par écrit au deuxième siècle de l'hégire. La lecture de Hafs est la plus importante (80 %), essentiellement utilisée à l'Orient du monde musulman et la lecture de Warch à l'Occident du monde musulman (Maghreb et Afrique).

   
 

Entretien

DES CHIFFRES ET DES LETTRES

Les collaborateurs de Farid Gabteni nous parlent du Qoran comme d'une vaste équation.

"Prenez le nombre 19, le Qoran le cite une seule fois, en lui donnant une fonction déterminée - et mystérieuse -. Nous avons remarqué que chaque chapitre commence par une expression de 19 lettres arabes, langue du Qoran.

En fait, une seule fois cette expression n'est pas visible au début d'un chapitre. Il s'agit du 9ème. Mais on la retrouve, là aussi une seule fois dans tout le Qoran, à l'intérieur d'un autre chapitre, le 27ème. Or celui-ci est le 19ème à compter du chapitre 9.

Admettons qu'il s'agisse d'une coïncidence. Nous l'appellerons coïncidence 1. Cette expression de 19 lettres figure dans le verset 30 du chapitre 27. Or dans le même chapitre, le nombre 9 est cité deux fois, au verset 12 et au verset 48.

Entre 12 et 48, le verset médian est le 30ème (coïncidence 2) : on compte 19 de 12 à 30 et encore 19 de 30 à 48 (coïncidence 3). C'est aussi dans un verset 30, chapitre 74, que le nombre 19 est cité pour la seule fois dans tout le Qoran. Coïncidence 4 !

Continuons. Chaque chapitre est caractérisé par un numéro de vulgate et un numéro de révélation (voir article "Ordre de vulgate et ordre de révélation" ci-dessus). Le chapitre 27 est ainsi le 48ème de la révélation. Du chapitre 27, dont le verset 30 est le seul de tout le Qoran à contenir cette expression de 19 lettres, au chapitre 74, dont le verset 30 est le seul de tout le Qoran à citer le nombre 19, il y a 48 chapitres. Coïncidence 5.

Enfin, du verset 30 du chapitre 27 au verset 30 du chapitre 74, on compte 2337 versets, soit 19 x 123. Coïncidence 6… Dois-je continuer ? (voir schéma synthétique). Des données numériques qui relevaient a priori du hasard sont ainsi liées dans un faisceau de relations parfaitement agencées. Il vient un moment où on est obligé de se rendre à l'évidence. Il ne peut plus s'agir de coïncidences, et ni Mohammed, ni ses contemporains, ni quiconque, ne sont en mesure de produire un écrit dans lequel de tels éléments auraient été introduits… pour être mis en lumière plus de 1400 ans plus tard".

"En un mot, la structure du Qoran ne s'explique pas, humainement parlant".

Un chien dans la ronde

"Autre exemple, reprend Ahmed Hadjadj-Aoul : le verset 22 du chapitre 18 contient le plus de nombres différents, cardinaux et ordinaux : " Ils diront : "Trois, leur quatrième est leur chien" et ils disent : "Cinq, leur sixième est leur chien" lançant par l'Absence, et ils disent : "Sept, et leur huitième est leur chien" (…) ".

Dans ce verset, les nombres sont cités 2 à 2 : un nombre cardinal avec un nombre ordinal. Juxtaposés, on les lit 34, 56, 78. Or 56 retranchés de 78 donnent 22, 34 retranchés de 56 donnent également 22, et nous sommes au verset 22. Ajoutons à cela que le nombre ordinal désigne invariablement "leur chien". Or la somme des trois nombres ordinaux donne 18 (4 + 6 + 8 = 18). Et le verset 18 du chapitre 18 est le premier de ce chapitre à contenir l'expression "leur chien".

Ces faits, énumérés à partir du Qoran, sont là depuis plus de quatorze siècles. Mais c'est à Farid Gabteni, à la fin de ce vingtième siècle, qu'il a été donné de lever le voile et de les découvrir. Et croyez-moi, ça ne fait que commencer".

Farid Gabteni, aidé de ses assistants, a passé au crible les différents aspects numériques du Qoran : nombre des chapitres, classements qui les caractérisent dans la vulgate et dans la révélation (voir article "Ordre de vulgate et ordre de révélation" ci-dessus), nombres de versets, de mots, de lettres, etc…

Décodages multiples

Ils se sont aussi intéressés à un ensemble de lettres mystérieuses qui débutent 29 des 114 chapitres du Qoran. Le mystère de ces lettres a fait couler beaucoup d'encre. "Nous n'avons pas établi le sens définitif de ces codes, mais des liens d'ordre mathématique avec la structure générale et le message décodé du Qoran ont été mis en évidence".

Enfin le scientifique a confronté les deux principales lectures du Qoran. "Nous savions que le problème des différentes lectures du Qoran (voir article "Variantes dans la psalmodie" ci-dessus) avait empoisonné les premières études sur la numérique qoranique, depuis les années 70, explique Ahmed Hadjadj-Aoul. Nous avons voulu devancer le problème. A notre grande surprise, au lieu de nous gêner, la coexistence de ces lectures a considérablement renforcé le décodage du message caché dans le Qoran. Elle en est même devenue un pilier".

   
 

UNE DISCIPLINE NÉCESSAIRE

RIGUEUR SCIENTIFIQUE

Les premières recherches sur la numérique qoranique, dans les années 70, et le débat qui les a accompagnées, ont conduit Farid Gabteni à définir dès le début de ses travaux des règles strictes.

Les critiques formulées sur les recherches des années 70-80 ont porté principalement sur quatre points :

Premièrement, il existe un seul Qoran, mais quatorze lectures. Or les premières recherches s'étaient limitées à la lecture de Hafs, la plus répandue mais non la seule. Et certains des résultats énoncés ne sont pas reproductibles dans une autre lecture.

Deuxièmement, l'étude numérique du Qoran fait appel aux notions d'ordre de vulgate et de révélation. Par définition, il n'y a qu'un ordre de vulgate, ne connaissant pas de variante puisqu'il est conservé dans le corpus officiel du Qoran. L'ordre de révélation connaît, lui, des variantes. Par exemple, suivant les sources, la première révélation reçue par Mohammed regroupe les cinq premiers versets du 96ème chapitre de la vulgate, ou seulement les trois premiers versets du même chapitre, ou encore correspond au début du chapitre 74 de la vulgate.

Troisièmement, l'alphabet arabe connaît deux variantes, une de 28 lettres et l'autre de 29, utilisées au gré des nécessités dans les premières études sur la numérique qoranique.

Quatrièmement, les règles de décompte des mots variaient aussi au gré des circonstances.

"Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs et se situer en dehors de toute controverse, notamment théologique, il fallait poser la question en des termes rigoureusement scientifiques" explique Ahmed Hadjadj-Aoul.

Quatre règles principales ont été établies :

Règle 1 (la plus élémentaire dans toute investigaton scientifique) : s'en tenir aux mêmes règles du début à la fin de l'étude.

Règle 2 : toute étude portant sur la structure numérique du Qoran doit se baser sur la graphie qoranique d'origine, celle de la Vulgate d'Othman, premier corpus officiel du Qoran et des premiers manuscrits du Qoran.

Règle 3 : les résultats obtenus à partir d'une seule lecture ne peuvent seuls être considérés comme significatifs. Les investigations ont donc porté sur les deux principales lectures du Qoran, représentant la presque totalité des livres du Qoran aujourd'hui publiés et utilisés.

Règle 4 : le choix des références s'est fait sur le critère de ce qui est reconnu par l'ensemble des savants musulmans, à savoir :

- l'ordre de révélation le plus communément admis (pratiquement l'unanimité) ;

- l'alphabet de 28 lettres, le plus strict et qui supprime toute marge d'erreur ;

- règle unique pour le décompte des mots.