Mai 2006

Le réchauffement climatique, cause de dommages irréparables aux récifs coralliens

Le réchauffement climatique aurait eu un effet plus dévastateur que considéré sur quelques-uns des plus beaux récifs coralliens, suggère une étude, la première à montrer l’impact, sur le long terme, de l’augmentation de la température de la mer sur les coraux et les communautés de poissons qu’ils abritent. Selon l’équipe internationale de chercheurs, qui a enquêté sur 21 sites et plus de 50.000 mètres carrés de récifs coralliens des îles intérieures des Seychelles en 1994 et 2005, de larges sections de ceux-ci ainsi qu’une grande partie de la vie marine qu’ils soutiennent ont été détruites.

Les recherches montrent plus précisément l’impact de long terme de l’événement de 1998, lorsque 90 % des coraux intérieurs des Seychelles furent anéantis, ou « blanchis », en raison de l’augmentation des températures de surface de l’Océan Indien à des niveaux sans précédents. Le rétablissement des coraux intérieurs des Seychelles a été quantitativement marginal sur une période de sept ans après le phénomène de blanchissement de 1998, déclare Nick Graham, de la Newcastle University’s School of Marine Science and Technology. Les coraux se sont effondrés et ont été recouverts d’algues. La biodiversité de la communauté des poissons a décru de 50 % dans les sites sévèrement atteints. L’écosystème est devenu plus fragile et moins stable.

Selon les chercheurs, un des facteurs explicatifs de l’incapacité des récifs à se rétablir serait leur isolement. La présence de récifs voisins, réservoirs de larves, aurait permis à celles-ci de s’établir et de se développer en structures nouvelles de corail. Un autre facteur explicatif est avancé : l’absence de courants marins à même de transporter les larves. A l’inverse des récifs coralliens des îles intérieures, ceux des îles extérieures seraient demeurés en bonne santé.

Les récifs se rétablissent parfois après des troubles, mais il a été montré qu’après des événements sévères de blanchissement, l’effondrement de la structure physique du récif a un impact profond sur les autres organismes dans l’écosystème et interdit le rétablissement. Il est probablement trop tard pour sauver ces récifs. Les recherches montrent l’importance de contrer les émissions de gaz à effet de serre et d’essayer de réduire le réchauffement global et ses effets sur certains des plus beaux et plus riches habitats de la vie sauvage.

L’étude est publiée dans le numéro du 15 mai des Proceedings of the National Academy of Sciences.


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